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mercredi 6 juillet 2011

Ma bonne fortune

Suivant le concept bouddhique de la bonne fortune, la buena fortuna dont je me targue d'être un compagneros puisqu'elle m'accompagne, j'ai eu la chance de venir au monde dans un milieu on ne peut plus favorisé. Des déboires familiaux entre mes parents quand j'étais petiot m'ont pourtant fait découvrir très tôt le concept du manque cruel d'argent ayant fait pleurer Maman un matin alors que je m'étais plaint de ne pas avoir de beurre sur ma tartine qu'elle n'avait pas eu de quoi acheté. Mais bonne fortune oblige, cette situation ne dura pas trop longtemps puisque Maman réussit celle de décoratrice avec talent, courage et abnégation.

Sans doute le fait d'avoir connu enfant le manque de tunes qui dans un milieu aisé est considéré comme crime de lèse majesté à l'image d'un Sarko qui lui aussi grandit à Neuilly et eut à souffrir d'être un pauvre parmi les gosses de riches ce qui fit naître en lui une ambition et un appétit de revanche démesuré, en ce qui me concerne, j'en développais une aptitude féroce à dédramatiser et ne pas juger les gens suivant des critères de pogon. Cela me fut fort utile dans la profession de troubadour que j'embrassais non sans en connaître certains déboires semble-t-il lié à la fonction comme la cigale ayant chanté tout l'été. Je ne vais pas me plaindre car les seules fois où j'eus à souffrir de la faim furent par volonté d'isolement quand il me suffisait de sortir jouer de la guitare pour m'assurer au moins d'un bon dîné.