Directeur Etoileprod@Live.fr

lundi 9 mars 2015

Parisian Yogi Diary 756 Om







C’est le 31 et son pote rocker l'a invitée à chanter avec lui dans un hôpital psychiatrique.
Ils commencent l'immersion en ingérant un plateau repas.
Ginger a malgré tout pu avoir un menu végétarien ou il y avait du tofu.
Surprise et rassurée elle lance : “Ouf même quand je serai complètement maboul, je pourrais toujours bouffer healthy !!!”
Puis vient le moment du concert.
Pendant que Tom chante “N'arrête de pleurer…” Elle regarde le public et voit des visages qui n'ont plus de larmes et même plus la force de regarder ce qui se passe sur scène.
Sa légèreté s'envole d'un coup.
Le décor ressemble à une salle des fêtes mais le public manifestement à oublier ce que ce mot signifie.
Dans leurs yeux, on voit la souffrance.
Ils n'ont plus d'attente, comme si la vie leur avait sodomisé l'âme.
Leurs yeux sont vides.
On voit juste des corps sans présence.
Vers où est diffusé leur attention ?
Impossible de savoir, même eux ne le savent plus.
Ginger est pleine de vie, mais pourtant elle se sent presque en famille en présence de ce public...
Merde c'est des fous...
Mais c'est quoi des fous ?
C'est qui des fous ?
Et qui décrète du moment où ça bascule ?
Elle, elle voit juste des hommes et des femmes comme les autres...
Ils ont plus de vie, plus de contrôle, ils peuvent plus, ils veulent plus...
Un rêve qu'on leur vole, un moule trop étroit dans lequel ils n'arrivent pas se glisser, une société trop hostile et qu'ils arrivent plus à comprendre, d'où vient le déclic ?
Quand vient le déclic ?
Au moment où on se demande ce qu'on fout là ?
Au moment où on réalise qu'il a pas de réponse ?
Au moment où on se dit pourquoi ?
C'est vrai pourquoi taper dans une balle, ou chanter dans un micro ?
Pourquoi passer 24h devant un ordinateur, avoir des amis virtuels, ou envoyer des cartes de vœux pour Noël ?
Pourquoi rentrer dans une église, ou balayer une route ?
Pourquoi construire une école, cuisiner un couscous, s'acheter une belle bagnole, faire pousser des Lilas…
La liste est infini...
Pourquoi ?
Par ce qu'on est en vie...
Faut gérer au mieux, faire ce qui nous rend heureux ?
Facile à dire...
Mais quand l'espoir est trop grand qu'il déborde et qu'il te noie...
Quand l'attente est trop longue, qu'elle s'étire encore et qu'elle te pend...
Quand le cœur est trop gros et qu'il éclate...
Comment tu fais ?
Tu pries ?
Tu te saoule la gueule ?
Tu répètes Om?
Tu prends des médocs ?
Tu fais comment toi ?
Vas-y, je laisse un blanc pour que tu répondes............................................
Tu as trouvé ?



Ginger, elle répèteOm maîtrise son cœur montgolfière et l'attache solidement au sol puis s'injecte une bonne dose de RECUL dans les veines...
Le nombre de personnes qui tombe dans la bassine est impressionnant !
C'est si facile...
Tu te plonges dans un truc : la religion, le yoga, l'art, la politique...
T'as le choix, puis naïvement tu y crois et quand tu as totalement le nez dans le guidon, tu te crames.
Ceux qui sont passionnés le savent !
Le recul Ginger, le recul...
Quand elle chante devant ses êtres qui ont perdu la chose dont elle parle, son émotion grandi et elle a mal dans le creux du cœur.
Elle danse un peu, sourit et prononce les paroles de sa petite chanson avec un maximum de douceur et d'amour.
Elle souhaite leur envoyer le plus de vie possible, le plus de rêve possible, le plus d'énergie possible, le plus possible, le plus qu'elle peut...
Quand tu vois des visages dépossédés de tout, tu pleures...
Cette image lui rappelle les derniers jours de son oncle à l'hôpital.
On est tous obligé de passer par la “dépossession” un jour ou l'autre et ça fait peur et mal...
Le yoga apprend à Ginger à accepter de perdre !